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papier

lundi 20 octobre 2014 - Paléographie

LE PAPIER (vient du nom grec du papyrus) 

I - Historique

Le papier serait né en Chine vers 105 après J-C et son « inventeur » serait CAI  LUN.
Il remplaça le bambou ( trop lourd ) et la soie ( trop chère ) et suggera dans son rapport à l’empereur d’employer « l’écorce des arbres [mûrier broussonetia  papyrifera] de vieux cordages et chiffons, des filets de pêche ».
La technique de fabrication s’améliore déjà de son vivant entraînant sa rapide diffusion.
CAI LUN est vénéré en Chine. Son portrait se retrouve dans tous les moulins de papier de Chine et du Japon. Il est aussi un héros des livres édités pour la jeunesse.
Très vite le papier en Chine, au contraire de l’Occident, cesse d’être une industrie de recyclage des vieux chiffons.
Il utilise exclusivement des fibres végétales variées : chanvre, ortie de Chine ( La Ramie ),  rotin, mûrier, bambou, etc..

II - Sa fabrication en occident

    1) - collecte des vieux chiffons par marchands spécialisés (chiffonniers), amenés au moulin et triés (nécessité d’une chiffe blanche).
    2) - tri par les délisseuses ; elle défont les coutures et les ourlets ; jettent la chiffe dans le pourrissoir ;
    3) - le pourrissage : la chiffe reste dans une cuve en pierre 5 à 6 semaines où elle est mouillée constamment afin de fermenter.
    4) - la mouillée (la chiffe) est portée au dérompoir, lieu où elle est découpée en petits morceaux puis portée
    5) - au moulin dans la salle des piles à maillets.

 
SALLEDESPILES

Cette salle au niveau de la roue est le cœur du moulin. C’est là qu’est le dispositif réduisant le chiffon en pâte.
L’arbre à cames (lèves) entraîné par la roue actionne la pile à maillets.
Les lèves, petits morceaux de bois disposés sur l’arbre, soulèvent les maillets qui retombent sous leur propre poids à une cadence de 40 à 60 coups/minute.
La pile comprend 3 maillets dont les extrémités ( tête ou gorge ) sont munis de clous tranchants permettant le déchiquetage des chiffons.
Chaque pile a sa fonction propre et progressivement le chiffon est  transformé et trituré jusqu’à l’obtention de la pâte à papier qui est alors amenée

    6) -  dans une cuve remplie d’eau chauffée.
Là, l’ouvreur plonge la forme dans la pâte.
La forme est composée de 2 parties : Le tamis et la couverte
          a) Le tamis en bois de châtaignier ou en chêne est composé de réglettes de bois appelées pontuseaux  sur lesquelles s’appuient un tamis en fil de laiton les uns très rapprochés appelés vergeures, les autres espacés de quelques centimètres appelés chaînettes et qui sont placés
              au dessus des pontuseaux.
          b) La couverte  est un cadre qui recouvre le châssis. C’est elle qui détermine l’épaisseur du papier.

Un papier de chiffon laisse apparaître par transparence les vergeures et les pontuseaux.
La feuille est étalée sur un feutre par le coucheur, feuilles et feutres (appelés porse) sont entassés et mis sous presse pour expurger l’eau.

    7) les feuilles sont ensuite mises sur le petit étendoir où elles séchaient à l’air libre ; mais telles quelles, les feuilles boiraient l’encre d’où la nécessité de les encoller.
    8) l’encollage aussi donne à la feuille un aspect lisse, puis les feuilles sont portées au grand étendoir où elles sèchent.
    9) Satinage, lissage : les feuilles séchées sont lissées à l’aide d’un silex.
    10) Mains, rames : puis le papier réuni en mains de 25 feuilles puis en  rames de 20 mains. Il peut être alors transporté.
    11) Le filigrane, désigne l’empreinte de la feuille de papier qu’on voit par transparence. Il permet parfois d’identifier le moulin.
Le 1er filigrane français authentifié date de 1348. Il est aux armes de Bar. Le papier provient de la papeterie de Ville-sur-saulx.

Les étapes au moulin se font sous la surveillance du gouverneur. Sa fonction est primordiale. Il est responsable du succès de la fabrication. Sa fonction se trouve pérennisée aujourd’hui dans le titre de « Gouverneur de la Banque de France ».
Pierre le vénérable , abbé de Cluny au XII° siècle considérait le papier comme une « matière périssable et dangereuse ». L’histoire a prouvé qu’il avait tort.

II - La diffusion du papier

Pendant 7 siècles les Chinois vont garder le secret de sa fabrication sauf pour la Corée et le Japon dépendant culturellement de la Chine. C’est sous la contrainte que le secret de fabrication sera révélé aux conquérants arabes par les prisonniers chinois à la suite de la bataille de Samarcande en 751.
Le papier avant cette date était déjà connu des pays musulmans qui l’importaient.
La 1ère fabrique hors de Chine est installée à Bagdad en 794-795. Ce papier est fabriqué à partir de lin et de chanvre recyclés.
Ensuite sa diffusion se fait dans tout l’Orient, puis en Occident par la voie Espagnole. En fait elle suit la diffusion de l’Islam.
Des moulins s’installent en Andalousie, à Valence, Tolède, Burgos. Puis la diffusion se fait en Italie. C’est en Italie que les techniques de fabrication seront fortement améliorées et que l’Italie deviendra un pays exportateur de papier.
Il se diffuse en France. C’est à Troyes et à Ville-sur-Saulx qu’auraient étés installées en 1348 les premiers moulins.
Au moulin de Fabriano crée en 1276 jusqu’à la fin du XVIII° siècle la technique a peu évolué. A partir de vieux chiffons de lin et de chanvre ( et non de coton ) et après avoir suivi tout un long processus de transformation la pâte à papier est prête.
Il existait 2 moulins à papier à Verdun :

  • Au moulin Saint-Airy
  • Au moulin du Puty

De quel papier s’agissait-il ?. Dans un acte on parle de papier « pain ».